Une raquette ne s’abîme pas toujours de façon spectaculaire. Le plus souvent, le changement s’installe doucement : le cordage répond moins bien, le surgrip devient lisse, quelques grains de terre restent coincés dans le jonc. On s’adapte sans s’en rendre compte, jusqu’au jour où les frappes semblent moins précises.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de démonter quoi que ce soit pour entretenir sa raquette de tennis. Quelques vérifications régulières permettent de jouer avec un matériel propre, confortable et sûr. Voici la routine que je conseille, sans règle artificielle du type « un cordage tous les trois mois » : la fréquence dépend surtout de votre jeu et de ce que la raquette vous montre.
Commencez par un diagnostic de deux minutes
Posez la raquette à plat dans un endroit bien éclairé. Regardez-la comme si vous deviez l’acheter d’occasion : cordes, cadre, jonc de protection et manche. Ces quatre signes méritent votre attention.
| Ce que vous observez | Cause probable | La bonne réaction |
|---|---|---|
| Cordes très déplacées, marquées ou effilochées | Usure ou perte de tension | Faire contrôler le cordage |
| Surgrip glissant, noirci ou déchiré | Sueur et frottements | Le remplacer |
| Œillet fendu ou jonc très usé | Frottement du cordage sur le cadre | Montrer la raquette à un cordeur |
| Fissure visible dans le cadre | Choc ou fatigue du matériau | Ne plus jouer avant vérification |
Une simple marque dans la peinture n’est pas forcément une fissure structurelle. En revanche, une ligne qui traverse la matière, un craquement ou une zone qui bouge demande un avis professionnel. Mieux vaut un contrôle rapide qu’un cadre qui cède pendant une frappe.
Le cordage : n’attendez pas forcément qu’il casse
Un cordage peut être usé tout en restant entier. Au fil des heures, il perd de la tension et sa réponse change. Certains joueurs sentent une balle qui « part » davantage, d’autres doivent forcer pour retrouver de la longueur. Des douleurs inhabituelles au bras ou une nette perte de contrôle peuvent aussi inviter à vérifier le montage.
Il n’existe pas de durée universelle. Un joueur qui lifte beaucoup et s’entraîne quatre fois par semaine n’use pas son cordage comme une personne qui joue tranquillement deux fois par mois. Le polyester, le multifilament et le boyau ne vieillissent pas non plus de la même manière. Votre fréquence de jeu, le type de corde, la tension et les sensations sont donc plus utiles qu’un calendrier rigide.
Après une partie, passez un chiffon doux et sec sur le tamis, surtout après avoir joué sur terre battue. Retirez les petits débris sans gratter. N’appliquez ni solvant, ni produit ménager, ni lubrifiant sur les cordes. Et ne tentez pas de « retendre » le tamis vous-même : un remplacement se fait sur une machine adaptée, avec une tension répartie correctement.
Quand prendre rendez-vous chez un cordeur ?
- les cordes restent très déplacées après chaque échange ;
- des entailles profondes apparaissent aux croisements ;
- le toucher paraît soudain plus sec ou, au contraire, trop élastique ;
- vous avez changé de fréquence de jeu, de balles ou de style ;
- le cordage est ancien et vous ne vous souvenez plus de sa référence.
Un bon cordeur ne se contente pas de demander une tension. Il tient compte de votre niveau, de votre confort, de vos habitudes et de l’éventuelle sensibilité du bras. Notez la référence et la tension retenues : cela donnera un point de comparaison utile au prochain montage.
Grip et surgrip : deux couches, deux rôles
Le grip est la couche principale posée sur le manche. Le surgrip, plus fin, vient par-dessus et se remplace facilement. Il absorbe une partie de la transpiration, améliore l’adhérence et permet d’ajuster légèrement la sensation en main.
N’attendez pas qu’il parte en lambeaux. Dès que la main tourne, que la surface devient dure ou que vous serrez le manche plus fort pour retenir la raquette, changez-le. Un surgrip frais coûte peu et peut éviter de crisper inutilement l’avant-bras.
Retirez l’ancien ruban, essuyez le manche avec un chiffon à peine humide si nécessaire, puis laissez sécher complètement. Enroulez le nouveau surgrip de manière régulière, sans bourrelet. Une épaisseur excessive modifie la taille perçue du manche ; si la prise ne vous convient plus, faites vérifier la taille plutôt que d’empiler les couches.
Cadre, jonc et œillets : les détails qui protègent le tamis
Le jonc est la bande de protection qui suit le bord de la tête de raquette. Les petits œillets guident les cordes à travers le cadre. Ils sont discrets, mais un œillet cassé peut laisser une corde frotter directement contre une arête et provoquer une casse prématurée.
Avec un chiffon doux légèrement humide, enlevez la poussière et les traces de terre sur le cadre. Séchez aussitôt. Profitez-en pour observer le haut de la raquette, la zone qui touche le plus souvent le sol sur les balles basses. Si le jonc est aminci au point de découvrir le cadre, faites-le remplacer lors du prochain cordage.
Évitez les éponges abrasives et les produits agressifs. Ils ne répareront pas les impacts et peuvent ternir la finition. Pour aller plus loin, le guide d’entretien d’une raquette de tennis proposé par Decathlon rappelle également l’intérêt d’un nettoyage doux et d’un rangement adapté.
Le coffre de la voiture n’est pas un placard à raquettes
La chaleur et le froid extrêmes ne rendent service ni au cordage, ni au grip, ni aux matériaux du cadre. En plein été, un coffre fermé peut devenir très chaud ; en hiver, la raquette subit au contraire des écarts rapides de température lorsque vous la rentrez sur le court.
Rangez-la dans un endroit sec, à température relativement stable, loin d’un radiateur et du soleil direct. Pour le transport, une housse matelassée ou le compartiment prévu dans un sac de tennis protège des chocs. Après une séance humide, ouvrez le sac à la maison afin de laisser sécher le surgrip, la serviette et les vêtements. Enfermer l’humidité toute la nuit est une mauvaise habitude pour l’ensemble du matériel.
Ma routine de cinq minutes après le court
- Retirer la poussière. Un chiffon sec sur le cadre et le tamis suffit la plupart du temps.
- Faire sécher le manche. Ne remettez pas immédiatement une raquette humide dans une housse fermée.
- Regarder les cordes. Repérez les entailles, l’effilochage et les déplacements inhabituels.
- Inspecter le haut du cadre. Vérifiez le jonc, les œillets et les nouveaux impacts.
- Ranger à bonne température. La raquette reste à l’intérieur, pas dans la voiture.
Cette routine prend moins de temps que de refaire un sac. Elle aide surtout à voir apparaître un problème avant qu’il ne gâche une partie ou ne rende la réparation plus coûteuse.
Trois erreurs très courantes
Redresser les cordes avec un objet métallique. Utilisez seulement vos doigts et sans geste brusque : une pointe peut marquer ou couper la corde.
Continuer à jouer avec un cadre suspect. Une fissure ne se consolide pas grâce à un ruban adhésif. Arrêtez d’utiliser la raquette et faites-la examiner.
Choisir automatiquement la même tension. Votre jeu, votre condition physique et vos attentes peuvent évoluer. Si le confort ou le contrôle ne sont plus au rendez-vous, discutez-en au prochain recordage au lieu de reproduire le même réglage par habitude.
Les questions que l’on se pose souvent
Peut-on laver une raquette de tennis à l’eau ?
Évitez de la passer sous le robinet ou de la faire tremper. Un chiffon doux légèrement humide pour le cadre, suivi d’un séchage immédiat, est largement suffisant. Le cordage et le manche doivent rester aussi secs que possible.
Faut-il changer un cordage qui n’est pas cassé ?
Oui, si ses sensations se sont nettement dégradées, s’il est très entaillé ou si un professionnel constate une perte de tension importante. La casse n’est pas le seul indicateur d’usure.
Puis-je laisser ma raquette dans la voiture entre deux séances ?
Mieux vaut l’éviter, surtout en période de forte chaleur ou de gel. Emportez-la avec vous et rangez-la dans un lieu sec à température stable.
Que faire si le grip sent mauvais ?
Retirez le surgrip, laissez le manche sécher et posez-en un neuf. Aérez aussi le sac. Masquer l’odeur avec un spray parfumé ne règle pas le problème d’humidité.
Entretenir une raquette, ce n’est pas chercher à la garder neuve à tout prix. C’est préserver des sensations cohérentes et repérer les vrais signes de fatigue. Un chiffon, un surgrip propre et un contrôle régulier chez un cordeur font déjà l’essentiel. Ensuite, vous pouvez revenir à ce qui compte : le jeu.




